Protection sociale des salariés

Mutuelle et prévoyance d’entreprise : les obligations de l’employeur en 2026

En bref : dès le premier salarié, l’employeur doit proposer une mutuelle collective financée au moins à 50 %, maintenir le salaire en cas d’arrêt et, s’il emploie des cadres, cotiser 1,50 % de la tranche A en prévoyance. Sa convention collective ajoute souvent d’autres obligations. Le tout doit être formalisé par écrit, sous peine de redressement URSSAF.

Par Giovanni Bourhis, gérant associé · Mis à jour le 7 novembre 2026

Trois niveaux d’obligations

La loi, la convention collective, puis votre entreprise

1. Le socle légal

Il s’applique à toutes les entreprises, quel que soit leur effectif.

  • mutuelle collective obligatoire
  • maintien de salaire en cas d’arrêt
  • prévoyance des cadres
  • portabilité des droits après le départ du salarié

2. La convention collective

Votre branche peut aller plus loin que la loi.

  • niveaux de garanties santé minimum
  • prévoyance obligatoire des non-cadres
  • maintien de salaire plus favorable
  • parfois un organisme recommandé

3. L’acte de mise en place

Les régimes doivent être formalisés dans l’entreprise.

  • accord collectif, référendum ou décision unilatérale (DUE)
  • catégories objectives de salariés couverts
  • information remise à chaque salarié

Santé

La mutuelle d’entreprise obligatoire

Point Règle
Qui Tous les salariés, sauf cas de dispense
Financement Au moins 50 % de la cotisation à la charge de l’employeur
Garanties minimum Ticket modérateur, forfait journalier hospitalier, dentaire à 125 % du tarif conventionnel, optique avec au moins 100 € pour une correction simple
Type de contrat Contrat responsable, incluant le « 100 % santé »
Dispenses possibles Salarié déjà couvert par un autre contrat collectif obligatoire (par exemple celui de son conjoint), CDD courts, temps partiels, salarié déjà sous contrat individuel jusqu’à son échéance

Les dispenses doivent être demandées par écrit par le salarié et conservées par l’employeur : c’est un point souvent contrôlé par l’URSSAF.

Prévoyance

Cadres, non-cadres et maintien de salaire

Prévoyance des cadres

Obligatoire depuis 1947.

  • cotisation patronale d’au moins 1,50 % de la tranche A (jusqu’à 4 005 € par mois en 2026)
  • affectée en priorité à la garantie décès
  • à défaut, si un cadre décède : 3 PASS à verser aux ayants droit, soit 144 180 € en 2026

Prévoyance des non-cadres

  • pas d’obligation légale générale
  • mais souvent imposée par la convention collective
  • indispensable pour couvrir le maintien de salaire et l’invalidité

Maintien de salaire

Obligation du Code du travail, après 1 an d’ancienneté.

  • 7 jours de carence
  • 90 % de la rémunération pendant 30 jours, puis deux tiers pendant 30 jours
  • durées allongées de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté, jusqu’à 90 jours chacune
  • sans contrat de prévoyance, c’est la trésorerie de l’entreprise qui paie

Après le départ du salarié

La portabilité des droits

Un salarié qui quitte l’entreprise et perçoit l’allocation chômage conserve gratuitement sa mutuelle et sa prévoyance pendant la durée de son dernier contrat, dans la limite de 12 mois. L’employeur doit l’en informer dans le certificat de travail et prévenir l’assureur.

Retraite et épargne

Indemnités de fin de carrière, épargne salariale et PER obligatoire

Indemnités de fin de carrière

Une dette certaine, souvent oubliée.

  • tout salarié qui part à la retraite a droit à une indemnité
  • au minimum un demi-mois de salaire après 10 ans d’ancienneté, jusqu’à deux mois après 30 ans en cas de départ volontaire
  • souvent plus selon la convention collective
  • un contrat d’assurance permet de provisionner et lisser ce coût

Épargne salariale

  • participation obligatoire à partir de 50 salariés pendant 5 années consécutives
  • intéressement facultatif, ouvert aux TPE
  • PER collectif pour placer ces sommes pour la retraite

PER obligatoire

Pour fidéliser et compléter la retraite d’une catégorie de salariés.

  • facultatif pour l’entreprise, mais obligatoire pour tous les salariés de la catégorie une fois mis en place
  • cotisations déductibles pour l’entreprise, dans les limites fixées par la loi
  • souvent ouvert aux cadres ou à l’ensemble du personnel

Les risques

Ce que coûte un régime mal mis en place

Contrôle URSSAF

  • sans acte écrit conforme ou avec des catégories mal définies, les cotisations patronales sont réintégrées dans l’assiette des cotisations
  • dispenses non justifiées : redressement sur les cotisations concernées

Salariés et ayants droit

  • garanties inférieures à la convention collective : l’employeur doit la différence
  • décès d’un cadre non couvert : 144 180 € en 2026
  • maintien de salaire à payer sur la trésorerie

Dans les entreprises de moins de 11 salariés, les cotisations patronales de prévoyance sont exonérées de forfait social.

Notre accompagnement

Mettre votre entreprise en conformité

1. L’audit

  • lecture de votre convention collective
  • vérification des contrats et des actes en place
  • repérage des écarts et des risques

2. La mise en place

  • choix des garanties et de l’assureur
  • rédaction de la DUE et des documents remis aux salariés
  • gestion des dispenses

3. Le suivi

  • entrées et sorties de salariés, portabilité
  • mise à jour quand la convention collective évolue
  • coordination avec votre expert-comptable

Pour vous, le dirigeant : voir aussi la prévoyance TNS, la mutuelle des indépendants et la protection sociale selon votre statut.

Questions fréquentes

Vos questions d’employeur

Une TPE est-elle obligée de proposer une mutuelle à ses salariés ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2016, toute entreprise du secteur privé, quel que soit son effectif, doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés et en financer au moins 50 %. Les garanties doivent respecter un panier de soins minimum et, le plus souvent, celles de la convention collective.

La prévoyance est-elle obligatoire pour les salariés ?

Pour les cadres, oui : l’employeur doit cotiser au moins 1,50 % de la tranche A du salaire, en priorité pour la garantie décès. Pour les non-cadres, il n’y a pas d’obligation légale générale, mais beaucoup de conventions collectives en imposent une.

Que risque un employeur qui ne cotise pas les 1,50 % cadres ?

Si un cadre décède sans être couvert, l’employeur doit verser à ses ayants droit l’équivalent de 3 plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 144 180 € en 2026.

Qu’est-ce que le maintien de salaire ?

C’est l’obligation légale de l’employeur de compléter les indemnités de la Sécurité sociale quand un salarié ayant au moins un an d’ancienneté est en arrêt : 90 % puis deux tiers de la rémunération, après 7 jours de carence, pendant une durée qui augmente avec l’ancienneté. Un contrat de prévoyance peut prendre ce coût en charge.

Comment mettre en place la mutuelle et la prévoyance dans l’entreprise ?

Par un accord collectif, un référendum auprès des salariés ou une décision unilatérale de l’employeur (DUE) remise à chaque salarié. Sans acte écrit conforme, les cotisations patronales peuvent être réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales lors d’un contrôle URSSAF.

Faites auditer votre protection sociale d’entreprise

Envoyez-nous votre convention collective, vos contrats et vos actes de mise en place : nous vérifions votre conformité et nous vous signalons les risques.

Demander mon audit employeur

Sources : Legisocial, complémentaire santé obligatoire · Hayot Expertise, prévoyance des cadres 1,50 % · Aésio, maintien de salaire · CCI Paris Île-de-France, charges sociales 2026 · Code du travail et Code de la Sécurité sociale

Informations données à titre indicatif et générales. Les obligations exactes dépendent de votre convention collective. Cabinet Bourhis Courtage est courtier en assurance : ces informations ne remplacent pas le conseil de votre expert-comptable ou de votre avocat.